La maison du four à pain

Historique de la maison

jeudi 6 août 2020, par Jean-francois Doucet

Emprunt du 29 septembre 1735

Robert Chennevière vigneron, et Geneviève Bouresche sa femme empruntent le 29 septembre 1735 soixante quatre livres pour construire leur maison.
« la somme de soixante quatre livres parce quil Les a aussy quitté par lesd. presentes de pareille somme qu Ils luy devoient pour fournitures de bois qu Il leur a faite pour employer a L’Etable La Construction d’une maison qu Ils font elever actuellement et dans Laquelle Ils feront Incessament leur domicille »

Donation du 12 février 1758

Le 12 février 1758 les mêmes époux Robert Chennevière et Geneviève Bouresche font donation entre vifs au profit de leurs enfants, Jacques Bouresche et Jacques Robert Bouresche leur fils mineur.
« Une maison, grenier dessus, une grange de deux travées, estable à vache, estable à porcs, cour, carrière et autres lieux le tout couvert de chaume. Cour et jardin ainsy que le tout sestend et comportent. Contenant environ sept perches [1] ; assis au dit l’hermitage, lieu dit le château Vergé tenant d’un costé a Denis Bouresche a cause de Marie Chennevière, sa femme, d’autre costé a guillaume Chennevière, d’un bout au chemin qui conduit à Ennery, d’autre bout au chemin qui conduit à Auvers.ADVO 2E8 83 » [2], l.
Les époux lèguent également par donation entre vifs leurs terres le 27 mars 1758 :

« C’est assavoir six perches de terre assis au terroir de pontoise Lieu dit le Chou
 » [3]
« neuf perches de terre au meme « lieu » [4]
« trente deux perches et demie de terre assis au terroir d’Ennery lieu dit les villettes » [5]
« Item quinze perches ou environ de terre assis au dit terroir lieu dit Gratte cocq »
 [6]
« Item quatre perches de terre assis au terroir de pontoise lieu dit la sente du bois payen » [7]
« Item deux perches de terre audit terroir lieu dit le bois payen »
 [8]
 [9]
Ces mêmes pièces de terre sont également léguées par donation entre vifs le 7 août 1758 :
« acceptant la jouissance a titre de loyer la vie durant du dit Chennevière de soixante et deux perches de terre en six pièces, scavoir la première de six perches au terroir de pontoise lieu dit le Chou la seconde de neuf perches au même lieu le troisième de trente deux perches et demie au terroir d’Ennery lieu dit les vilettes la quatrième de quinze perches au dit terroir lieu dit Gratte Cocq la cinquième de quatre perches au terroir de pontoise lieu dit la Sente du bois payen, La sixième et dernière de deux perches audit terroir le dit bois payen,
 »

Vente du 23 octobre 1789

Bénoit Fayole scieur de long et genneviève Bouresche sa femme demeurant au Valhermeil vend la maison à Etienne Maitre vigneron de l’Hermitage :

« d’un bout le chemin qui Conduit à Ennery et de b. celui d’auvers. Consistante une cuisine et grenier dessus, une grange de deux travées, étable, toict à porc, cave, carrière circonstances, cour, jardin circonstances et dépendances17 le tout s’entretenant et contenant environ sept perches, »

 [10]

Licitation du 5 décembre 1810

« Une maison sise au hameau d. de l’hermitage Commune de Pontoise lieu dit le Chateau Verger consistant en une pièce à feu bâtie à mi-côte au milieu d’un terrain, grenier sur la maison, grange dessus icelle, écurie, cave et fournil cellier, cave, le tout en carrière et dans l’une desquelles est un four, une étable à porc pratiquée dans la carrière, cour dans laquelle sont les entrées des d. écurie, cellier & toit à porc.
Un terrain vis-à-vis le pignon de la d. maison dans lequel sont plusieurs pruniers avec des treillis dessus, la cour de la d. maison à une issue sur la sente des Vaugeroux à Pontoise.
Un autre terrain au-dessus des d. écurie & cellier, le long de la sente au-dessus dans lequel est un escalier à découvert formé au b bâti en pierre de grais, et ayant une issue sur la sente du Château Verger, # et sous Le tout #contenance environ Le tout tenant d’un côté à Christophe Bourgeois et de l. trois ares cinquante à Marie Nicole Larcheveque fle de prix Lesueur d. C. centiares à la sente du Verger d. C. à celle du Vaugeroux. (sept perches)
 »
 [11]

Vente du 13 octobre 1807

Marie Jeanne Marseille, veuve en première noce de Jacques Bouresche et en seconde de Jean Pierre Collé, vignerons à Auvers, demeurante a Auvers vend une partie de sa propriété consistant ;
« en une maison consistante en une demeure basse, grenier au-dessus, une grange de deux travées, étable à vache, étable à porc, cave carrière et autres lieux, le tout couvert en chaume, cour et jardin, contenant compris l’emplacement des bâtimens, environ trois ares cinquante sept centiares (sept perches) Ainsi que le tout s’étend et comporte, situé audit lieu de l’Hermitage, lieu dit le chateau Vergée, tenant d’un côté la Vve Prix Lesueur au lieu de Denis Bouresche, d’autre côté Christophe Bourgeois à cause de sa femme, d’un bout au chemin qui conduit à Ennery, d’autre bout à celui qui conduit à Auvers.
 »

Bail à rente du 10 novembre 1820

Pierre Maitre et Marie Francoise Landrin vendent à Antoine havard & Geneviève Maitre sa femme
« Le fonds & Propriété d’une maison située à l’hermitage, lieu dit le Chateau Verger, ayant son entrée principale sur la sente des poiriés, et une sortie sur le chemin du Chateau Verger, composée d’une maison d’habitation, grenier dessus, grange à côté couverte en chaume, cellier, étable à vaches, Etable à porcs, le tout taillé dans le Roc, cour et petit jardin clos de murs.
Tenant par devant la sente ; par en haut le chemin, d’un côté Christophe Bourgeois, D. C. Sébastien Bouresche.
 »

Bail à rente du 22 août et 5 septembre 1850

M. Antoine Havard, cultivateur, et made Geneviève Maitre passent un bail à rente avec Pierre Maitre, cultivateur et Madame Marie Françoise Landrin, son épouse pour :

« une maison située à Pontoise quartier de l’Ermitage, lieu le chateau Verger ayant une entrée sur la sente des poiriers et une sortie sur le chemin du Château Verger ; composée d’une maison D’habitation, chambre et grenier dessus, grange à côté couverte en chaume, cellier, étable à vaches, étable à porcs le tout taillé dans le roc, cour & petit jardin clos de murs, tenant par devant la sente, par en haut le chemin, »

Vente du 8 décembre 1867

« Une maison sise à Pontoise, quartier de l’Ermitage, rue du haut de l’ermitage, N° 20 et sente d’Auvers, N° 1er, composée d’un bassier servant de cuisine et d’une petite chambre à coucher, séparée par une cloison, grenier dessus, grange à la suite, tenant à la rue du haut de l’Ermitage, petit terrain devant le pignon de la maison, deux carrières sous rocher, en face la grange et dessous, petit terrain en friche sur les dites carrières, cour devant la dite maison et grange couverte en tuiles, venelle sur le côté des bâtiments. »

Le terme bassier est un régionalisme qui, dans d’autres conditions, [12]
signifie "pièce servant de débarras". Dans l’acte de vente du 13 octobre 1807, cependant la description de la maison du four à pain mentionne non pas un bassier mais « une demeure basse, une maison consistante en une demeure basse, grenier au-dessus, une grange de deux travées, étable à vache, étable à porc, cave carrière et autres lieux, le tout couvert en chaume, cour et jardin,
Dans le contexte local d’habitat creusé, où les bassiers sont associés au roc ou à la falaise, dans les 3ème, 5ème et 9ème déclarations du terrier de l’Hermitage 1736 la demeure basse pourrait se comprendre de la façon suivante :
Dans le calcaire, une cavité est creusée :

Contre le roc ou la falaise
A l’Hermitage, les endroits où affleure le roc sont nombreux
Excavation dans le rocher
Une excavation est creusée dans le calcaire grossier de l’Hermitage

Par économie de ressources et d’énergie, une construction est aménagée dans l’excavation :

Une demeure basse
Vue d’un certain côté, la maison apparait basse

Dans ce contexte. La maison construite apparaît basse au moins par un de ses côtés.

Habitation d’origine avant 1867
Avant 1867, la maison ne comportait qu’une cuisine, une petite chambre, grenier et grange avec un petit terrain devant le pignon, deux carrières sous un petit terrain en friche sur lequel donnait l’entrée par la rue du haut de l’Hermitage, une autre entrée se trouvait sente d’Auvers.

Alignement de 1876

Le raidillon qui menait au Bois Payen n’était sans doute pas praticable par les charrettes à âne. Aussi, la vile de Pontoise, a ouvert la rue du Haut-de-l’Hermitage (actuelle rue A Le Moine) de manière que la déclivité du chemin permette aux carrioles de rejoindre les terrains sur la Commune d’Ennery.

Plan d’alignement de 1876
Emplacement de la maison (aujourd’hui disparue) qui abritait le four à pain ( Archives Municipale de Pontoise)

Au temps des Impressionnistes

C. Pissarro.- Maisons à l’Hermitage et jardin de Maubuisson
C. Pissarro.- Maisons à l’Hermitage et Jardin de Maubuisson, Huile sur toile, 38 x 55 cm, 1872 (PDRS 263).

Vente du 12 octobre 1897

A la construction précédemment décrite, viennent s’ajouter une cuisine, une salle à manger et 3 chambres à coucher. La partie la plus ancienne décrite dans l’acte de 1867 devient alors un bûcher avec un cabinet d’aisance.

Du temps du Grand père

Entrée avant travaux
Après le percement de 1876, l’entrée de la maison s’est trouvée sous le "chemin qui menait au Bois Payen" (anciennement rue du Haut de l’Hermtage)
Ancienne porte d’entrée
La porte d’entrée en travaux
La maison avant travaux
Après avoir acquis le maison où habitait Grand père, des travaux sont prévus pour aménager une maison de campagne

Restauration

Avant travaux
Aménagement de la terrasse
Le remblai du percement des fenêtres sert à l’aménagement d’une terrasse
Percée de la porte de la cuisine
La suppression du couloir entre la salle de séjour et la cuisine entrainait du même coup un nouvelle entrée. L’ancienne entrée a été bouchée.
Nouvelle porte d’entrée
La réfection du mur du jardinet entrainait l’aménagement d’une nouvelle entrée
Pose d’un vasistas dans le grenier
Un vasistas est installé dans le grenier pour donner un peu de lumière et chasser un peu d’humidité
En lieu et place du cabinet d’aisance, le tout à l’égout récemment installé permet l’aménagement de toilettes

Après travaux

Après travaux
La maison vue des Jardins de Maubuisson

Transcription D Arcival-JF Doucet

Notes

[1les 7 perches mentionnées dans l’acte de 1758 représentent une surface d’environ 240 m2

[2La perche du Roi vaut 34,2 mètres carrés

[3C’est à dire 6x34,2 m2= 205,2 m2

[4c’est-à-dire 9x34,2m2 =307,8 m2

[5soit 32 x 34,2 m2 = 1094,4 m2

[6soit 15x34,2 m2 =513 m2

[74x34,2 = 136,8 m2

[82x34,2 m2 = 58,4 m2

[9La somme des terrains mentionnés dans l’acte ne correspond pas au soixante et huit perches et demie indiqués dans le même acte

[10soit 7x34,2 = 239,4 m2 ce qui correspond à la surface du terrain mentionné dans l’acte du 12 février 1758

[11La "licitation" est une autre dénomination de la vente publique d’un bien meuble ou immeuble généralement pour mettre fin à une indivision, soit après divorce, soit dans le cadre d’une succession. Un tribunal ordonne le partage, s’il peut avoir lieu, ou la vente par licitation, si tous les indivisaires sont capables et présents ou représentés, ils peuvent décider à l’unanimité que l’adjudication se déroulera entre eux, c’est à dire sans appel au public.

[12Mélanie Rault.- re « Les travailleurs de la terre : une hiérarchie clairement définie » :
“Comme nous venons de le voir, les manouvriers ont un niveau de vie peu élevé, cette petite unité économique ne peut donc se suffire à elle-même. Tout d’abord l’outillage est le reflet de cette dépendance. Le peu d’outils possédés se trouve généralement dans le bassier  : une serpe, une cognée et une scie, voire une hache.”

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